Tom Poisson n’est pas un nouveau venu dans le domaine de la chanson francophone. Très talentueux, l’artiste a commercialisé, en 2024, son septième album solo. Intitulé « Jean-Michel », l’opus bénéficie, en ce début d’année 2025, d’une nouvelle édition « De luxe » enrichie de trois titres inédits. « Jean-Michel » se révèle comme le carnet de confidences d’un artiste qui met ici en évidence son vrai prénom. Comme pour mieux nous livrer ses sentiments profonds. Car les 17 titres de l’opus nous invitent effectivement à mieux connaître les réflexions et les pensées qui constituent l’univers du chanteur. Un poisson agile qui nage lentement mais sûrement dans les eaux troubles d’un océan où tout va vite, de plus en plus vite.
Tom Poisson pose un regard personnel et intéressant sur les sujets préoccupants de notre époque. Il y est question des bonimenteurs tonitruants (tonitruands ?) qui « avec leurs discours insipides divisent, abiment et font beaucoup de bruit pour rien » (« Y’a du bruit »). Un texte qui se poursuit un peu dans la chanson « Rester dans tes bras ou partir à la guerre ? » qui parle de l’augmentation de l’ignorance et de la diminution de la pensée. « La terre souffre et le feu arrive. Que faire? Rester dans tes bras ou partir à la guerre? » . Comme un parfum de fin du monde que l’on retrouve aussi dans « Les nouveaux dinosaures ».
Au delà de ces sujets qui nous tracassent tous en ce moment, il y a les autres chansons plus personnelles qui évoquent des moments de vie qui nous touchent aussi. Ainsi en est-il du doute qui est souvent moteur de la création et qui fait ici l’objet de deux chansons : « Tanguer » et « Je cours ». Le sentiment de naïveté est en filigrane de deux autres titres : « Le trop grand imaginaire » et « Tu viendras » (chanson de retrouvailles espérées). D’autres traits de la personnalité de l’artiste transpirent dans « Tu dis » qui aborde la faiblesse de l’être à travers ses erreurs (qui sont humaines) et dans « La glaise entre les mains » qui évoque la rassurance (« N’aie pas peur » ). Enfin, au plus intime de l’intime, il y a la paternité merveilleusement chantée dans « Mon homme ». Ainsi que « Locomotive » qui parle avec un réalisme étonnant du souvenir du jour où un proche nous a quitté. Sans oublier la nostalgie de l’enfance et d’une première fois avec « Elisabeth Martin », une chanson de 2004 totalement remaniée pour l’édition 2025 de l’album « Jean-Michel ».
L’album de Tom Poisson est varié, éclectique et, surtout, plaisant à écouter. Les mélodies et la voix qui s’y pose sont très contemporaines et rejoignent parfois l’univers d’autres artistes. Comme celui, par exemple, du chanteur belge Antoine Armedan. Mais chacun de ces artistes garde, fort heureusement, une personnalité évidente ainsi qu’une spontanéité revigorante.
D’un point de vue plus technique, Tom Poisson s’est entouré de Denis Piednoir pour la réalisation des enregistrements mais aussi de Don Turi, Alex Léauthaud, Alice Chiaverini, Marine André et Fabio Milone qui sont tou.s.tes venu.e.s apporter leur expérience au projet de l’album « Jean-Michel ».
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